Izis, un photographe humaniste de grand talent un peu en marge

IZIS, Izis et Jacques Prévert, Londres, photographie, 1952, ©Izis

IZIS, Izis et Jacques Prévert, Londres, photographie, 1952, ©Izis

Israëlis Bidermanas, mieux connu sous le nom d’Izis est un contemporain de Doisneau et Ronis. C’est un lituanien, né en 1911 à Mariampolé, qui devient apprenti photographe dans le même village en 1924. Son père le destinait à être ébéniste mais Izis ne suivi pas cette voie là. En 1930, il immigre en France pour fuir les persécutions de son pays. Brassaï et Kertész, de la même manière, ont quitté leurs pays d’origines pour la capitale française. Izis justifie aussi son départ, en disant : « Pour nous, dans notre imagination, c’était le paradis européen, comme pour d’autres, l’Amérique. (…) Nous étions attirés par la France comme pays de l’Esprit. La Liberté, l’Égalité de l’homme et la Culture, c’est ça qui nous faisait rêver ».

Sa carrière commence véritablement en 1933 dans un atelier photographique du 13ème arrondissement. Cependant, en 1934, il s’installe à son compte et réalise de nombreux portraits individuels ou de groupes mais la guerre l’oblige à partir pour le Limousin. Il y sera emprisonné et torturé puis finalement relâcher grâce à la Résistance. Il s’engagera alors en 1944, lors de la libération de Limoges, dans le FFI qu’il photographiera durant tout le reste de sa vie.

Malgré le fait qu’il soit resté en marge de cette popularité des grands photographes dits « humanistes », il ne faut pas non l’en exclure. Lui aussi, s’est baladé dans les rues de Paris durant les années 1950 pour saisir l’instant, le climat de guerre, etc … Il faut savoir qu’il déteste la guerre et la violence et que c’est pour cette raison qu’il devient le spécialiste « d’un instant où il ne se passe rien ». Il réalise des portraits d’artistes, des reportages sur la vie quotidienne, etc … Il a notamment travaillé en tant que photo-reporter pour Paris Match comme de nombreux autres de ses collègues. Son ouvrage « Paris des rêves » de 1950 mêlant à la fois images et poèmes d’écrivains tels que Cocteau ou Breton fut un véritable succès. Il se vendu à près de 170 000 exemplaires. A travers les pages, on voit parfaitement que c’est son thème de prédilection mais il ne faut pas oublier qu’il s’est rendu aussi à Londres et qu’il a réalisé des photographies en couleur en collaboration avec Marc Chagall. Ce photographe joue énormément sur les émotions et le fait de rendre-compte des choses. Il dit, notamment, de sa manière de travailler : « J’appuie sur le déclic quand je suis à l’unisson avec ce que je vois ». En 1951, une exposition personnelle lui est dédié au Musée d’Art moderne de New York, pour lui s’est la consécration. Environ 270 de ses photographies y sont exposées. Enfin, Izis éprouve un grand intérêt pour les cirques qui lui rappellent son enfance, s’installant de temps à autre sur la place de son village natal. En 1955, un ouvrage  qui y est dédié, « Le cirque d’Izis », sera enfin publié.

Israëlis Bidermanas décède finalement en 1980 et sa carrière sombre dans l’oubli. Pour redonner vie à cet artiste, photographe de talent, l’Hôtel de Ville lui dédie une exposition en 2010 tout comme cela a été fait cette année pour Brassaï.

Sources :

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