The Family of Man, une exposition humaniste internationale

The Family of Man

Sans titre, photographie, 2012 © Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence.

Un événement unique et exceptionnel marque l’apogée de la photographie humaniste : l’exposition the Family of Man organisée par Edward Steichen. Son objectif, d’après le prologue du catalogue d’exposition, est de démontrer que  » la photographie est un processus dynamique qui donne forme aux idées et qui peut expliquer l’homme à l’homme.« 

L’exposition ouvre ses portes en 1955 au MoMA, à New York. Elle présente le travail de 273 photographes amateurs ou professionnels provenant du monde entier à travers 503 photographies. La vocation principale de ces oeuvres est de dénoncer les horreurs de la guerre, l’exaltation de la grandeur américaine et de délivrer un message de paix et d’égalité. Les images présentées reflètent la vision de chaque artiste. On retrouve ainsi les personnalités phares de la photographie humaniste telles que Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Dorothea Lange ou Robert Doisneau avec leurs thèmes de prédilection comme l’amour, les enfants, le travail, l’éducation ou la mort.

Steichen ne s’arrête pas à une simple rétrospective. Son projet repose sur une volonté de transmission des idées humanistes à grande échelle. Nous sommes dans le contexte de la Guerre Froide, dans un monde divisé. Son but est de resserrer les liens entre les êtres humains, c’est pourquoi il rend son exposition itinérante. De 1955 à 1962, elle va ainsi s’arrêter à Tokyo, Moscou, Paris, Amsterdam, Munich et Londres générant de la sorte 9 millions de visiteurs. Les critiques sont élogieuses et soulignent notamment l’innovation de idée d’itinérance et la scénographie extrêmement moderne. Le
s reproches qu’on lui fait sont d’une part d’exprimer de manière excessive l’aspect sentimentaliste et de ne pas suffisamment individualiser l’oeuvre des artistes.

« The Family of Man » a eu un retentissement énorme dans le monde entier notamment parce qu’elle a permis de promouvoir les idées d’une toute nouvelle institution créée en 1945 à l’issu de la Seconde Guerre mondiale : l’ONU. Dans l’épilogue de l’exposition, Steichen a tenu à rappeler l’importance de cet organisme en indiquant un extrait de sa Charte. Cette organisation est présentée  comme  étant la seule capable de préserver l’humanité du « fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme ainsi que des nations grandes ou petites ».  Nous avons affaire a une véritable entreprise de pacification internationale afin d’assurer la préservation de l’Homme.

L’exposition, après avoir réalisé un tour du monde s’achève dans le pays natal de son créateur, c’est-à-dire au Luxembourg. Selon le voeu de Steichen, elle s’installe de manière définitive en 1994 au château de Clerveaux dans une collection permanente. Les photographies ont du subir une certaine restauration avant d’être exposées. Le commissaire d’exposition, Nathalie Jacoby a eu pour volonté de respecter le parcours original de l’exposition et la chronologie des images pour pouvoir retranscrire de manière originelle les sensations qu’auraient pu avoir un visiteur du MoMA en 1955. Elle y a ajouté des documents historiques sur l’exposition initiale. On peut aujourd’hui la visiter.

« The Family of Man » est une entreprise qui a eu une grande dimension culturelle et artistique. Elle a eu une influence considérable dans l’histoire de la photographie et dans le concept de réalisation d’une exposition. Elle a suscité l’intérêt du grand public pour la photographie et a  réussi à communiquer un véritable message humaniste. En 2003, elle est même rentrée dans le registre de la Mémoire du Monde de l’UNESCO. A la même époque,  Jerry Mason a organisé The « Family of Children » et « The Family of Women » mais ces expositions n’ont pas eu autant de retentissement.

Sources :

Bibliographie :

  •  BAJAC Q., La photographie du daguerréotype au numérique, Gallimard, Paris, 2010.

Webographie :

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