Les Etats-Unis

 » Pourquoi m’a-t-on envoyé à Palm Springs, Californie ? Pour faire des photos de golf. Je sais tout juste qu’il faut envoyer très loin, sur le gazon vert, une petite balle blanche dans un trou à peine assez grand pour la recevoir « . R. Doisneau

 

DOISNEAU Robert, La piscine aux parasols, Palm Springs, photographie, 1960 ©www.robert-doisneau.com

DOISNEAU Robert, La piscine aux parasols, Palm Springs, photographie, 1960 ©www.robert-doisneau.com

En 1960, Robert Doisneau traverse l’océan Atlantique afin de se rendre au Etats-Unis, et plus précisément à Palm Springs, afin de réaliser un reportage pour le magazine Fortune. Il arrivera sur place le 21 novembre 1960 et en repartira le 1er décembre de la même année. Ce reportage avait pour objet d’étude, au départ, les grands complexes de golfs, qui se sont multipliés dans cette région pourtant aride puisque située dans le désert du Colorado. Mais le travail que rend le photographe dépasse le cadre établi de son sujet pour finalement nous offrir un tableau presque satirique de la ville et de ses habitants. En effet, cette série de photographie découverte après la mort de l’artiste nous dévoile en réalité une philosophie de vie bien différente de la vie parisienne qui se déroule dans un cadre idyllique seulement réservé aux plus aisés.

Dans des photographies comme Fourrures Party ou Les cygnes gonflables, Doisneau s’amuse de l’extravagance et du luxe des Etats-Unis, dont la vie n’est que fêtes mondaines et confort. Il faut noté que Palm Springs est une ville alors prisée par les riches retraités, un paradis pour les golfeurs et leurs femmes, qui se retrouvent à l’ombre d’un parasol, une limonade à la main.

Afin de faire clairement ressentir l’idéal de repos et de tranquillité qui transparait dans la ville, il utilise pour la première fois la pellicule couleurs pour la réalisation de ces clichés. Doisneau s’écarte alors de la dimension nostalgique et romantique qu’il donne habituellement à ses photographies pour mieux donner à voir l’excentricité de ce lieu. S’il utilise la couleur, c’est également pour montrer son désarroi face à la culture qu’il découvre. On sent bien, à travers cette série, l’incompréhension de Doisneau face à cette cette « microsociété » qui semble formée un monde à elle-seule. Lui qui est un habitué des pavés, des Halles et des bistrots, il découvre un lieu où le paraître et le superficiel l’emporte sur l’humain, où les cygnes en plastiques remplacent les habitants, où les architectures sont toutes plus folles les unes que les autres et où sortir en maillots de bain avec des bigoudis dans les cheveux est monnaie courante…

Palm Springs est l’opposé de Paris, et cette série de photographies montrent à quel point la rencontre entre les deux mondes peut être déroutante mais le travail de Doisneau est encore une fois exceptionnel et nous permet de découvrir une nouvelle facette de son œuvre et de sa personnalité.

Plusieurs expositions ont été organisées pour permettre, aux amoureux de la photographie de Robert Doisneau, de découvrir cette série éblouissante pleine de couleurs et d’amusement. Pour les plus curieux, l’ouvrage Palm Springs-1960, Robert Doisneau regroupant une cinquantaine de clichés, est aussi disponible aux éditions Brochet.

Sources :

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s